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Arrêter une invasion


Lushani Nanayakkara
Photo: Brittany Hesjedal

Les espèces envahissantes représentent toujours une grave menace pour les écosystèmes d’eau douce de la Saskatchewan et de l’ensemble de l’Amérique du Nord.

Mais les espèces qui n’ont pas encore atteint les eaux de la Saskatchewan pourraient être encore plus préoccupantes. La moule zébrée et la moule quagga sont des espèces envahissantes qui proviennent de l’Eurasie et qui ont considérablement modifié les écosystèmes des Grands Lacs et de nombreux autres plans d’eau de l’Amérique du Nord. Ces moules se dirigent maintenant vers la Saskatchewan. La bonne nouvelle? Elles ne sont pas encore arrivées!

Selon une doctorante en écologie aquatique de la University of Regina, Lushani Nanayakkara, il faut informer les utilisateurs des lacs que les moules ne sont pas encore arrivées en Saskatchewan, car cela pourrait bien être la clé pour empêcher cette invasion. La chercheuse travaille sous la supervision de Björn Wissel et de Peter Leavitt. En 2016, Mme Nanayakkara a étudié les perceptions et les connaissances des utilisateurs des lacs des Prairies. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Biological Invasions.

Les 476 participants étaient des utilisateurs de lacs de certaines régions de la Saskatchewan, notamment le réseau de la rivière Qu’Appelle et les lacs Buffalo Pound, Last Mountain, Fishing, Wakaw, Little Manitou et Redberry. Mme Nanayakkara a découvert que ces gens connaissent l’existence de la moule zébrée et de la moule quagga, mais qu’environ 75 % d’entre eux ne savent pas que ces espèces envahissantes n’ont pas encore atteint les plans d’eau de la Saskatchewan.

« Certains peuvent penser que la bataille est perdue, que ces espèces ont envahi nos lacs et qu’il n’y a pas grand-chose à faire », explique Mme Nanayakkara. « De pareilles idées fausses risquent de diminuer la probabilité que les gens se mobilisent et adoptent des comportements préventifs. Au bout du compte, elles n’aideront pas la province à atteindre ses objectifs en matière de gestion. » Selon la chercheuse, il faut évaluer d’un œil critique les activités actuelles de sensibilisation et de communication au sujet des moules envahissantes.

« Il faut souligner les effets des interventions individuelles sur le déplacement des moules. Si les gens savaient que ces espèces n’ont pas encore atteint nos lacs, ils pourraient faire en sorte qu’elles n’y arrivent pas », poursuit Mme Nanayakkara. Cependant, les utilisateurs des lacs connaissent bien d’autres espèces qui ne sont pas indigènes en Saskatchewan, notamment la carpe, le cyprin doré et la carpe koï. « La plupart des gens connaissent certainement ces espèces, mais il est urgent de lancer une campagne de sensibilisation pour les informer que les moules ne sont pas encore arrivées et qu’ils peuvent faire quelque chose », ajoute Mme Nanayakkara.

La chercheuse conseille vivement aux intervenants, notamment les organismes provinciaux et fédéraux, les associations vouées à la protection des lacs, les organisateurs de tournois de pêche, les organisations de loisirs, les groupes scientifiques de citoyens et les universités, de s’unir pour « empêcher les embarcations contaminées par les moules d’entrer dans la province ».

Cet article a été adapté et traduit avec la permission de la This link will take you to another Web site University of Regina (en anglais seulement).